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Conversation avec Safiatou Faure Sissoko

Célébrée tous les deux ans dans la belle cité de Sya, la Biennale des littératures francophones d’Afrique noire vient contribuer à la promotion de la littérature ainsi que des valeurs culturelles africaines. Vu la popularité de cette biennale, nous sommes allés rencontrer la Présidente de ladite biennale pour en savoir plus.

Qui est Madame FAURE ?


Je m’appelle Madame FAURE Safiatou SISSOKO. Je suis née à Bobo-Dioulasso, je m’occupe d’organiser les activités et festivals autour des littératures africaines depuis 2002 en France et depuis 2014 à Bobo-Dioulasso. Le but c’est d’abord de faire reconnaître les auteurs contemporains africains qui sont toujours vivants et qui peuvent rencontrer leur lecteur. Ensuite, promouvoir le livre de jeunesse auprès des enfants du Burkina Faso en général et de Bobo-Dioulasso en particulier. C’est ce que je fais ici depuis 2014 en co-portage avec notre association nommée Agence de médiation culturelle des pays du Sahel sise en France dont je suis la présidente et l’Association le goût du livre à Bobo-Dioulasso.


D’où vous vient cette passion du livre ?


Je n’ai pas senti que j’étais passionnée. Je suis passionnée par le fait que c’est très tôt qu’il faut donner tout ce qu’on peut aux enfants. La lecture des livres de loisir en fait partie. Je suis consciente que gamine, je n’avais pas eu cette opportunité et le hasard a fait que je vis dans un pays où le livre occupe une place importante et j’ai eu mes enfants là-bas. J’ai connu très tôt ce que représente le livre de jeunesse et son influence sur les enfants en France lorsqu’ils faisaient des rencontres avec des auteurs africains, car le principe c’est de permettre aux auteurs africains d’aller à la rencontre des enfants de la maternelle, au lycée et des adultes. Nous avons expérimenté l’agence de médiation culturelle des pays du sahel, des biennales depuis 2002. C’est à partir de 2010 que j’ai commencé à me demander ce que je promeus auprès du public français.

Je sais que les enfants en Afrique n’en bénéficiaient pas autant d’où l’idée d’en faire à Bobo-Dioulasso pour permettre à ces derniers d’accéder à des productions littéraires de niveau jeunesse. C’est une ambition pour l’épanouissement des enfants et non pas une passion. C’est pour cela que je me suis battue corps et âme pour apporter ma pierre à l’édifice des enfants.


Parlez-nous un peu de l’Agence de médiation culturelle des pays du Sahel !


C’est une association à but non lucratif basée sur la façon de promouvoir les cultures africaines dont le choix est porté sur la littérature contemporaine, le théâtre, le cinéma, les musiques, les contes et même la restauration. L’idée est venue de la situation de mes deux enfants qui depuis la maternelle jusqu’au lycée étaient les seuls colorés là où je vivais. Consciente de cette situation, je me suis demandé comment faire pour faciliter l’insertion de nos enfants dans cette communauté et que les voisins nous voient autrement à travers nos cultures ; d’où la création de cette association en 2002, et de la Biennale des littératures francophones d’Afrique noire au cours de laquelle de nombreux auteurs des pays du sahel sont invités en France.


Quel est le nombre d’éditions de la biennale des littératures francophones

d’Afrique noire ?


Cette biennale est à sa cinquième édition à Bobo-Dioulasso, car c’est en 2014 qu’elle a été instaurée à Bobo-Dioulasso. Cette année, on souhaite lancer la plate-forme numérique des littératures africaines francophones contemporaines.


Quelles sont les politiques adoptées par cette biennale dans la promotion des

littératures africaines francophones ?


La première politique c’est de rendre accessible le livre. Deuxièmement, c’est de permettre aux écrivains de rencontrer leur public et de fédérer autour du projet. Nous avons aussi la mise en place des “bibliocantines” qui sont des malles métalliques qui contiennent des livres que nous distribuons dans des écoles maternelles, primaires et secondaires une vingtaine par moyenne. On souhaite créer un réseau de lecture interclasses pour que les livres que nous mettons à leur disposition puissent circuler et profiter au plus grand nombre. Les bibliocantines parce que nous avons constaté depuis 2010 le manque d’un grand fond en littérature africaine contemporaine. Nous voulons réorganiser la politique des livres pour que tout le monde puisse en bénéficier.


Quelle date est prévue pour la cinquième édition de la biennale des littératures

francophones d’Afrique noire ? Sur quelle thématique ?


Cette cinquième édition est prévue du 17 au 20 mars 2022 à Bobo-Dioulasso en amont avec des ateliers de création de livres de jeunesse des bandes dessinées des formations des enseignants à l’usage des livres de jeunesse dans les classes. Le thème de cette édition est : Identité et identification, la place du livre de jeunesse à l’ère du numérique. La politique du livre de jeunesse au Burkina Faso comme sous-titre.


Quels sont les auteurs attendus ?


À ce stade, je m’abstiendrai à citer les noms par peur d’en oublier d’autres. Mais nous

attendons 28 auteurs internationaux.


Quels outils préconisez-vous pour pérenniser les bibliothèques au Burkina Faso ?

Comme je ne suis pas la ministre de la Culture ni de l’Éducation, je me contenterai de

ce que nous savons faire. Nous faisons partie de la société civile, nous contribuons, nous ne faisons pas à la place de l’État, nous rentrons dans les orientations de celui-ci avec nos convictions, qui sont de rendre accessible le livre des enfants.


Quel est le livre qui vous a le plus marqué ?


Je dirai que tous les livres que j’ai lus m’ont plus marqué. J’invite différents auteurs,

je ne dirai pas que les écrits de tel ou tel m’ont plu. Je ne peux plus me positionner

comme cela.


Votre dernier mot !


Je vous remercie de me donner cette opportunité de parler de ce que j’aménage

depuis des années et années en France et au Burkina Faso.


Propos recueillis par Farida Junior BADO


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